Carcans et Piloris

Ceux qui assistent à nos prestations nous voient " promener " notre compére Graingoire " encarcané ", pour avoir commis rapine...

Notre camp comporte un pilori que chacun peut essayer...

Et cela vous  amuse beaucoup, sauf, qu'au moyen age, Le pilori et le carcan sont destinés à exposer un condamné à l'infamie.

 Il pouvait prendre diverses formes ; simple poteau de bois au 12 éme siecle, il devient chevalet puis colonne de pierre. Plus tard, Il comporte parfois aussi une structure en lanterne pouvant contenir un homme plus ou moins debout.

" Pilori " désigne également le supplice lui-même dont la durée était variable, allant de quelques heures à plusieurs jours. Il pouvait s'assortir de diverses autres peines.

Utilisé depuis le Moyen Âge, il était un droit seigneurial, parfois un simple poteau que le Seigneur faisait planter sur la place du village pour signifier qu'il avait le droit de justice sur ce fief.

En Belgique orientale, le pilori donnera naissance au perron, symbole du pouvoir communal.

En France, le pilori porte aussi le nom d'échelle, notamment dans des régions près de Paris, où certaines communes possèdent encore une " rue de l'échelle " perpétuant ce souvenir. Le condamné, pour accéder au plancher où il sera exposé au public, devait emprunter une échelle d'où le nom de ce supplice. On le trouve cité dans les coutumiers de Sens, Auxerre, ou dans les coutumes de Beauvaisis qui relatent : " Cil qui jure vilainement de Dieu et Notre Dame doivent etre mis en lesquel une hore du jour en la presence du commun, parce qu'il ait honte ". Le pilori sera définitivement aboli en France par la loi du 28 avril 1832.

Une forme plus simple du pilori était le carcan ou cangue en Extrême-Orient, planche percée de un à trois trous où on coinçait la tête et parfois les deux mains du supplicié de manière à pouvoir le promener.

Il servait à l'exécution des sentences prononcées au nom des seigneurs, seuls autorisés à appliquer la justice divine.

Les jours de marché par exemple, les condamnés à la peine de l'exposition publique et les coupables de délits mineurs y étaient enchaînés, maintenus au carcan ou au garrot, et subissaient la vindicte de la population.

La peine était destinée, disaient les juges, à favoriser un salutaire désir de repentance, et le tourment durait deux heures, laissant au détenu le temps de se repentir.

 Bien souvent, les condamnés étaient des faussaires de tous genres, souvent des commerçants ayant truqué leurs denrées, beurre, huile, vin, ... ou des femmes adultères. De même, les enfants trop turbulents et les maraudeurs, n'étaient pas à l'abri d'un tel châtiment !
On conduisait le condamné à pied, les deux mains liées, un écriteau devant et derrière faisant état du délit.

 

Le ‘patient' était enchaîné à la charrette du bourreau jusqu'au lieu du supplice, parfois un simple poteau, un collier de fer de trois doigts de large avec ouvrant, passé autour du cou ; la chaîne était fixée ensuite sur le pilori équipé d'anneaux pour l'occasion.

Comble du raffinement, certains monuments étaient même dotés d'une pierre pointue au devant, pour obliger le condamné à s'y asseoir. La plupart du temps, un carcan de bois lui maintenait les mains au même niveau que la tête.

Quoique, en principe, le pilori n'était point conçu pour blesser ses hôtes, il n'épargnait pas leur amour propre, tandis que de nos jours, on s'acquitte discrètement d'un certain montant (ou d'un montant certain) sans ternir sa réputation aux yeux des autres.

Gageons que, si ces pratiques existaient encore, l'endroit serait fort occupé !

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